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Fabo
Grand Duc d'Occident

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MessagePosté le: 21/02/2008 18:34:18    Sujet du message: un peu d'histoires Répondre en citant

en fait, j'en profite pour mettre ici quelques bafouilles écrites par un sinsitre individu que d'aucuns ici connoissent, à savoir mon propre frère, Lonch' ou Xavier-Bertand pour les plus hardcore.

C'est que, voyez-vous, parmi son bagage de qualités et de défauts, le bougre a une certaine culture historique, et une certaine aisance avec le verbe (mais pas forcément l'auretograffe). Le passage suivant est tellement savoureux que je n'ai pas résisté, avec l'accord de son auteur sus-cité, à l'envie de vous le mettre ici (j'ai laissé cependant la grammaire douteuse et l'orthographe aléatoire) :




Citation:
un peu d'Histoire
J'ai decidé de remettre de temps a autre des vieux textes, ecrits voici quelques mois, mais dont vous n'avez pas profité pour la plupart.

Il y a quelques semaines, c’etait le 21 janvier, jour de la sainte Agnès, patronne de la Chasteté, et donc un peu patronne des femmes qu'il m'arrive de cotoyer, non ? vous vous reconnaissez pas ?

(je tiens a preciser que le vocabulaire qui apparait la dedans n'est pas le mien dans la vie de tout kes jours. je ne jure pas comme un charretier dans la vie. J'ai d'ailleurs du faire d'intense recherche pour trouver un tel vocabulaire, decouvrant de nouveaux mots... j'espere que je suis crédible, là...non ?)

Il y a à peu prêt deux siècles, un 21 janvier, après un petit dej’ pris dans une ambiance un peu froide, un homme réussit l’exploit de trouver un taxi qui l’attend en dehors de son loft parisien du Temple. Les parisiens connaissent la difficulté en l’absence de bornes, de trouver un taxi a une heure très matinale dans notre belle capitale. Le gars était donc assez verni.
Le taxi l’emmène alors même qu’il n’a pas donné sa destination, en direction de la place de la concorde. Le chauffeur devait être medium (mais une amie, styliste, me dit qu’il serai plutôt XL, voir XXL)
Il y a foule sur le passage du tacos, ce matin là. Le chauffeur n’a pas l’air de vouloir faire la conversation, aussi notre homme se tait il.
Il est rasé de près. Son barbier vient de passer, mais il l’a raté. Ce foutu figaro l’a rasé aussi prêt que le Figaro actuel voudrait raser les aides sociales. Il a la nuque beaucoup trop dégagé et en ce froid matin de janvier, ça lui fait un peu de courant d’air. Mais bon, on lui a promis une nouvelle coupe qui fait fureur en ce moment, plus militaire.
Place de la Concorde. Il n’y a pas encore d’obélisque en ce petit matin de 1793, juste une installation en bois qui démontre avec force la grande ingéniosité de l’humanité en matière de moyen de suppression des problèmes humains.

Passons rapidement les derniers instants, bien que l’histoire ai oublié cet ultime dialogue :
- Louis Capet (citoyen français ordinaire depuis peu) : vous êtes sur que je risque rien ?
- Samson (exécuteur des Hautes Œuvres) : absolument rien, citoyen, c’est une nouvelle machine inventée par les coiffeurs pour aller plus vite au niveau des coupes.
- Louis : c’est dingue comme la science progresse vite de nos jours.
- Oui, hein, on n’arrête pas le progrès. Allongez vus là. Avec votre nouvelle coupe, même votre famille ne vous reconnaîtra pas.
- Ben ça, ça changera pas : ma femme se demande a chaque fois qui je suis quand j’entre dans le lit.
- Vous êtes prêt, citoyen ? c’est encore expérimental.
- Allez y, j’adore la mécanique !
SCHLAKKKK !!!!!
- Samson : Ah… mince, on s’est planté. Un peu trop court, jeune homme, comme dirait la jeune mariée.


PAF, 21 janvier 1793, on raccourci un roi, on met fin a 1300 ans de monarchie en France, on change un régime (de banane, haha), une bonne chose de faite et après, pendant 20 ans, l’Europe verra les hordes libératrices de la France la conquérir, l’envahir et lui expliquer qu’il faut se libérer et vite, au besoin de force, non mais ! C’est vrai, quoi, c’est quoi ces salauds qui veulent pas de la liberté qu’on leur impose, merde !

Une bonne chose de faite, l’exécution du gros tas (même si il avait un peu maigri sur la fin, en raison d’un régime draconien imposé par les plus grands experts diététicien de l’époque), à mon avis, mais je n’ai jamais eu cette répulsion toute bien pensante d’une exécution politique bien faite (et je n’aime pas les exécutions politiques mal faites, c’est d’un gâchis… regardez Saddam, par exemple, le type même de l’exécution politique ratée.)

- tu veux en venir ou, là, XB
- Tiens, t'es qui toi, ça va ? Ben je veux en venir à Clovis.
- A Clovis ?
- Ouais, Clovis, le premier, the number one, le King, le premier roi sacré sur le sol qui deviendra la France, celui qu’on considère comme le premier roi de France alors qu’il n’était que Roi des Francs.
- Ah ouais, tu parles du dernier roi et du premier, l’alpha et l’Omega, le début et la fin. Je vois l’analogie.
- Pas de grossièreté, je te prie, tes fantasmes de relations inverties et contre nature ne regardent personne.
- Non, je voulais dire que je voyais le rapport.
- Ah ok… bien… je passe pour un imbécile sans vocabulaire devant la communauté… mais revenons a nos moutons.
- Mèèèèèèh
- Y’a pas de mais, comme dirai un légionnaire ! Clovis, donc !
- Je t’écoute, Ô Fontaine de Savoir !
- Hypocrite !


Clovis était donc le premier roi des francs, il était roi des francs saliens au départ (et non, leur nom ne vient pas d’un régime sans sel particulièrement sain), mais il unifie les autres francs. C’était un mérovingien (non, Dude, aucun rapport avec Lambert Wilson).
Ce qui est drôle, c’est que le nom de Clovis vient du germain Hlodwig (preux a la bataille), qui donnera plus tard en latin Ludovicus et donc, louis.
Les francs étaient un beau ramassis de brutes à peine pire que les autres peuplades barbares qui, poussée par des envies de Cote d’Azur et de petites italiennes, s’installèrent sur les restes de l’Empire Romain d’Occident. Ils étaient quand même plus sympas que les Huns, féroces guerriers nomades orientaux. Les francs étaient encore païens, ce qui les différencient des autres, d’ailleurs. En effet, ceux-ci étaient chrétiens, d’une branche appelée l’arianisme (rien a voir avec la pseudo race aryenne inventée par le moustachu bavarois)


A cette époque lointaine (pensez donc, on avait pas encore Jean-Pierre Pernod pour parler de traditions oubliées), la Gaule étaient plutôt divisée et non pas dressée fierement comme la mienne (oui, là, je suis un vantard... et un menteur en plus) :

Déjà, au nord, et en Belgique actuelle, y’avait les francs : sauvages hirsutes qui s’accouplaient avec des boucs, adoraient Wotan dans de sanglantes cérémonie ou de jeunes vierges nubiles aux corps nus et ferme, habitude d’une vie saine, étaient allongées dans des poses lascives devant les représentations du dieu et se livraient à des actes…
- XB !!!
- Oui ?
- T’as la bave aux lèvres, là…
- ok, je me calme… bref, ils étaient païens, pas beaux et pas fins. Ils parlaient un sabir de sauvages.

En Armorique, y’avaient les Bretons, mélange de bretons de Grande-Bretagne, réfugiés des invasions Angles et Saxonnes, et de bretons péninsulaires, des natifs en quelque sorte. Ils étaient un mélange de chrétiens catholique et de tradition celtiques, s’accouplaient non pas avec des boucs, mais des porcs (dans les récits primitifs d’Arthur, les raids de vols de cochons sont très répandus, et c’est même pas des blagues !!!), et étaient déjà bourrés en permanence a l’hydromel, qu’ils appelaient dans leur sabir d’arriérés, chouchen… comme quoi, y’a des choses qui changent pas.


Au sud ouest, les wisigoths possédaient l’aquitaine, l’Espagne et le sud de la Provence, leur royaume atteignant les Alpes. Bref, des gros morceaux, riches, puissants, mais toujours barbares : s’accouplant avec des chèvres et surtout, arien. Et oui, l’Eglise wisigoth, très organisée, avait commencé des campagnes de conversion forcées contre les cathos du cru, fort indisposé (c’est dingue chez les religieux le manque d’humour dans la persécution, surtout quand c’est eux les persécutés… évidemment, a l’inverse, ils font l’œuvre de Dieu.)


Enfin, les Burgondes, peuple bien barbare aussi, bien que le plus romanisé des peuples barbares. En effet, ils avaient d’excellentes relations avec Rome (ou ce qu’il en restait), et ne persécutaient pas les cathos, étant même plutôt potes avec les évêques du cru (ce qui n’empêchaient pas ceux-ci de les maudire quand même). Par contre, ils avaient des coutumes étranges, apparemment héritées des Huns (déformation du crâne des enfants, scarifications rituelles, graissage des cheveux au beurre rance, etc.). Ils furent également les premiers a édicter une loi commune aux gallo-romains et aux barbares, la loi gombette (d’où leur hymne : « on diiiit qu’jai des belles gombeeeettteuuu, c’est vraaaiiiiiii » ok, là c'etait nul). Ils possédaient la moitié de la Provence, la Suisse et la Savoie. Leur royaume était centré sur Lyon. Les rois burgondes se convertirent même au catholicisme avant les francs, mais secrètement pour ne pas avoir de problèmes avec leur noblesse.
Le reste était un mélange de réminiscence de l’Empire (par exemple au centre de la France, et dans les pays de la Loire, ou Syagrius fut le Dernier des Romains).

Bref, un joyeux foutoir, ou Cloclo va debouler avec ses potes, tel une équipe de rugby dans un couvent de jeune fille. Il va tous les exploser, sauf les bretons et les burgondes, qui seront soumis plus tard (bien plus tard pour les bretons : pas folle la guêpe, c’est des malades mentaux la bas).


Cloclo va se mettre les Burgondes dans la poche de manière simple :
« écoute Gondebaud… Je peut t’appeler Gondy, je préfère… Donc écoute, Gondy, je veux bousiller ces salauds de wisigoths, donc je les prends au nord, tu les prends au sud et ça fait un sandwich que même Messaline n’aurait pas refusé ! (Note de Lulu : on a les héroïnes porno qu’on a, a l’époque). Alors, t’en dis quoi ? Ouilla, c’est qui cette moukère, la bas ? J’y ferai bien des trucs »
« Euh, Ben ma nièce, Cloclo. »
« Et comment elle s’appelle ? »
« Cloclo, Cloclo »
« Euh… tu bégaye, toi maintenant ? »
« Non, elle s’appelle Clotilde, cloclo »
« Ok, on scelle le marché, je me tape ta nièce pour conclure. »
« Ben elle est catho, faut que tu l’épouse, sinon gare a tes roupettes. »
« Bof, ça fera ma troisième… ou quatrième. »
« Ah mais non, gamin : si tu veux qu’on soit pote, non seulement tu m’en debara… tu l’epouse, mais tu declares tous tes autres gosses pas legitimes. »
« Vendu »
crachage, serrage de main et de nana, affaire conclu. On etait un peu rude a l’epoque.

Mais a la veille de la bataille décisive contre les wisigoths, à Vouillé, Clovis a les foies, les miquettes, les boules tellement remonté dans la gorge qu’on dirait un double goitre, il tremble, vacille, s’inquiète, chie dans son froc (et s’essuye même pas… une époque rude, je vous dit !)

Et là a lieu LE moment décisif de la vie de Cloclo. Il ne songe pas a Alexandrie, ou meme a sa derniere maitresse, Alexandra, il evite de repondre au telephone qui pleure : il se met a prier. Mais il prie non pas le Père de Tout, Seigneur des Potence, le Dieu Borgne, Dieu des Tués, Dieu Corbeau, Père des Hommes et Père de la Sorcellerie, c'est-à-dire Wotan. Non, il décide de prier le dieu de sa femme, Clotilde, ce dieu qui n’a même pas de nom (ce qu’il trouve assez étrange en son fort intérieur : comment insulter un dieu qui n'a pas de nom).

Mais il s’adresse a lui comme un chef barbare, tel Conan parlant a Crom lors de la dernière bataille dans Conan le Barbare (film mythique et culte a mes yeux, et je vous conchie ) :
« Dis voir, Dieu de ma pétasse de femme, ouvre tes esgourdes, car je le répéterai pas deux fois. Tu vois les mecs en face ? Ils sont remontés à mort, là, ils ont abandonné les chèvres pour les taureaux et ça leur donne des muscles plus gros que jamais. Ca fait des mois que Clotilde me tanne jour et nuit pour que je me convertisse a ta religion. Alors écoute moi bien : demain, si je leur met une pilée, si je leur retourne la tête, je jure que je me convertis, et que je force mes potes a faire pareil, ok ? Ah, et si tu pouvais faire quelque chose pour les migraines chroniques de Clotilde, ça m’arrangerait merci »

Le lendemain, avec l’aide des Burgondes, les wisigoths sont écrasés. Ils se replieront petit a petit sur l’Espagne, avant de tomber nez a nez, deux siècles plus tard, avec les arabes. Comme quoi, quand on n’a pas de bol…

(Certains disent que la conversion de Clovis date de la bataille de Tolbiac… suffit de remplacer Wisigoths par Alamans, d’enlever les burgondes, et vous avez le tableau, le discours reste le même, j'ai le droit de faire des erreurs, non ?)

Reims, date indéterminée mais au début du 6e siècle.

Version officielle :

Clovis, fier chef franc s’avance, en pagne dans la nef de la cathédrale de Reims. Il pénètre dans les fonds baptismaux ou l’évêque, St Remi, après lui avoir dit « courbe toi, fier Sicambre » pour l’inviter a s’agenouiller, le baptise. Une colombe entre alors dans l’église, déposant dans les mains de l’évêque une ampoule contenant l’huile qui a servi a oindre le corps du Sauveur. L’évêque s’en sert pour oindre le corps de Clovis, en faisant le premier Roi de France, un roi Thaumaturge, aussi sacré qu’un ecclésiastique.
Applaudissement, rideau.

Version personnelle :
Cloclo se les gèle. Il fait bien froid ce 25 décembre, et Reims, ben on est loin de la Cote d’Azur. Il est devant le bassin, grelottant et trempant le bout de son orteil dans la flotte, évidemment glaciale.
Il entre dans l’eau en frémissant, devenant un peu bleu (il est d’ailleurs soulagé que Peyo n’ai pas inventé les schtroumpfs, car il entendait deja les quolibets). Le pagne colle a son corps robuste. Les rires commencent bientôt a fuser parmi ses rudes compagnons. « Nan, mais arrêtez les mecs, il pèle comme pas permis, là… nan, c’est pas marrant, je suis pas dans mon état normal, je vous dit, demandez a ma femme, d’habitude, je vais mieux ! ».
L’évêque le regarde d’un air libidineux, bien qu’il préfère les hommes plus… juvéniles. « Courbe toi, Fier Sicambre » (belle phrase, Remi la répète depuis le matin pour pas l’oublier). Clovis avance un peu plus. « Waouah !!! » PLOTCH !!!!!!!! « P…ain de pierre glissante de m…. », murmure Cloclo en se relevant.
« Je crois qu’on peut se dispenser de l’immersion dans la flotte, hein mon père ? »
« Oui, oui. Bienvenue au Sein de la Sainte Eglise, catholique apostolique et romaine, mon fils. Vous êtes maintenant un fils de Dieu. »

A ce moment là pénètre un pigeon dans l’église. Celui-ci, après avoir un peu voleté dans l’indifférence générale, lâche une ma foi fort belle fiente sur le noble front humide du roi.
« Abattez moi ce putain de piaf !!!!! » une francisque vole, clouant l’oiseau contre la paroi de l’église.
« C’est un signe de Dieu, il ne faut pas l’abattre !! »
« On voit que c’est pas toi qui t’ai fait chier sur la gueule, évêque de mes deux !!! Tiens, prends ça ! » PAF !!!!
« Alors, elle te plait la bénédiction du roi thaumaturge ?!! »

« A ça ira, ça ira, ça ira », murmure une petite voix au fond de l’assemblée, alors que les puissants s’affrontent. Un jeune homme du peuple chantonne d’un air triste. Tout le monde oubliera cette voix, jusqu'à la fin du 18e siècle.


- Alors, content ?
- Euh… ben… vu comme ça, là… je ne suis pas sur…
- Pfff… ‘bécile.

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The mind is its own place, and in it self
Can make a Heav'n of Hell, a Hell of Heav'n.
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MessagePosté le: 21/02/2008 18:34:18    Sujet du message: Publicité

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Loys
Homme de la Comté

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Inscrit le: 15 Sep 2006
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MessagePosté le: 21/02/2008 19:50:47    Sujet du message: un peu d'histoires Répondre en citant

Un génie cet homme-là ! Plus sérieusement, c'est bien vu.
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"Touz jours les armes rendent ce qu’en y met."
Geoffroi de Charny
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Kurso
Comte

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Messages: 5 628
Localisation: Pries pour que ce ne soit pas dans ton dos !

MessagePosté le: 21/02/2008 23:14:58    Sujet du message: un peu d'histoires Répondre en citant

euuuuh<....
il était bourré ?
Rolling Eyes
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Je veux quitter ce monde comme j'y suis arrivé,
Nu, en hurlant et en donnant des coups de pieds...
Et couvert du sang de quelqu'un d'autre !
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MessagePosté le: 06/12/2016 15:59:16    Sujet du message: un peu d'histoires

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