De Taille et d'Estoc :: Émile LOUBET et les armes.
 
Émile LOUBET et les armes.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    De Taille et d'Estoc Index du Forum -> Histoire -> Histoire militaire, armes et armures
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
JU
Capitaine

Hors ligne

Inscrit le: 22 Oct 2010
Messages: 2 074
Localisation: Tu vois le Super-U? Ouais ben c'est pas du tout là...

MessagePosté le: 23/08/2012 13:05:31    Sujet du message: Émile LOUBET et les armes. Répondre en citant

Vous l'aurez compris, cet après midi, j'ai pas grand chose à faire, alors je vais perdre mon temps avec vous, "parce-que quand on est gentil, on partage".
Pour commencer, une petite bio du sujet. La suite y référera peut être. Ou pas.

Emile Loubet (1836-1929)


©La documentation française

« 31 décembre 1838
Naissance d'Emile, François Loubet, à Marsanne (Drôme) d'une famille de cultivateurs. Il étudie le droit, obtient son doctorat à Paris et s'inscrit en avril 1865 au barreau de Montélimar.
18 août 1869
épouse Marie-Louise Picard
18 juin 1870
Elu conseiller général de Marsanne
En octobre 1871
Eluconseiller général de Grignan, il est réélu en 1877
Le 29 septembre 1870
il est élu maire de Montélimar et conserve cette fonction jusqu'à son élection à la présidence.
20 février 1876
Elu député républicain de Montélimar, il est réélu le 21 août 1881
Août 1880
Président du conseil général de la Drôme
25 janvier 1885
Elu sénateur
1er août 1886
Elu conseiller général de Montélimar, il est réélu le 31 juillet 1892
12 décembre 1887-2 avril 1888
Ministre des Travaux publics
Du 27 février au 5 décembre 1892
À la demande du président Sadi-Carnot, il est Président du Conseil et ministre de l'Intérieur et forme un cabinet de " concentration républicaine ". Mais le scandale de Panama provoque la chute de son gouvernement.
6 décembre 1892-10 janvier 1893
Ministre de l'Intérieur
Sénateur depuis 1885, il devient Président du Sénat le 16 janvier 1896
18 février 1899
A la suite du décès de Félix Faure, Emile Loubet est élu président de la République au premier tour par les radicaux et les partisans de la révision de l'affaire Dreyfus. Il passe en effet pour favorable à la révision du procès. Son septennat est caractérisé par une intense activité internationale.
23 février 1899
Lors des funérailles de Félix Faure, Paul Déroulède et sa " ligne des patriotes " tentent de faire marcher sur l'Elysée l'escorte militaire funéraire mais la tentative de coup d'Etat échoue.
Dans un contexte de violente agitation nationaliste, Emile Loubet est agressé au champ de courses d'Auteuil. La tentative de coup d'Etat et l'agression physique dont il est victime poussent le président à faire appel à Pierre Waldeck-Rousseau qui forme, le 22 juin 1899, un cabinet de " défense républicaine ".
Septembre 1899
Condamné de nouveau par le tribunal militaire, lors du procès de Rennes, le capitaine Dreyfus est grâcié le 19 septembre par Emile Loubet.
Octobre 1899
Visite du roi de Grèce

14 avril 1900
Le président inaugure l'Exposition universelle à Paris
Août 1900
Visite du Shah de Perse
22 septembre 1900
Dans le parc du palais de l'Elysée, Emile Loubet préside le banquet des maires des communes de France à l'occasion du centenaire de la 1re République.
Octobre 1900
Visite du roi des Belges Léopold II
18 septembre 1901
Visite du tsar Nicolas II et de la tsarine à Compiègne
14-27 mai 1902
Voyage du président en Russie
7 juin 1902
Emile Combes devient président du conseil. Bien que Loubet désapprouve l'anticléricalisme militant du gouvernement, il n'intervient pas dans la politique intérieure.

Août 1902
Visite du Shah de Perse
15-30 avril 1903
Voyage du président en Algérie et en Tunisie
1-4 mai 1903
Visite à Paris d'Edouard VII, roi d'Angleterre
6-9 juillet 1903
Voyage du président à Londres
14-19 octobre 1903
Visite à Paris de Victor-Emmanuel III et de la reine d'Italie
23-28 avril 1904
Voyage du président à Rome
juillet 1904
Visite du bey de Tunis
Octobre 1904
Voyage du président à Madrid et à Lisbonne
Décembre 1904
Visite du roi et de la reine du Portugal
31 mai-4 juin 1905
Visite d'Alphonse XIII, roi d'Espagne qui échappe à un attentat pendant son séjour à Paris.

Visite du prince régnant de Bulgarie, Ferdinand de Saxe-Cobourg.

Premier président de la Ille République à avoir accompli un mandat complet, Emile Loubet ne souhaite pas se représenter et se retire définitivement de la vie politique à l'issue de son mandat, le 18 février 1906.
20 décembre 1929
Emile Loubet s'éteint à Montélimar  »
Source : Service des archives et de l'information documentaire de la Présidence de la République



Vous me direz donc, « qu'est-ce qu'on peux bien en avoir à carrer ». Ben pas grand chose, c'est vrai, mais comme j'ai rien de mieux à faire, je continu. (Et oui, j'ai bien fait de ne pas dire que ce post était utile). Wink


Ceux qui d'entre vous ont consultés le « répertoire des sources de baïonnette française » disponible sur ce forum, et qui ont lu avec attention, par exemple, le « Décret du 3 décembre 1904 portant règlement sur les manœuvres de l’infanterie » auront sans doute vu le rapport.

Pour les autres, c'est à dire plus ou moins tout le monde Mr. Green , c'est à dire les non-psychopathes, sachez que ce présent décret porte la signature de ce chers Émile Loubet. L'ensemble des modifications du règlement précédent ont donc été apportées sous la présidence et la supervision de ce monsieur. Ça nous fait une belle jambe, me direz vous.
Et vous auriez raison.
Un autre document, trouvé cet été m'appris que le bon président Loubet participa aussi à la révision d'un autre règlement : celui de la cavalerie. En effet, en consultant ce document, intitulé : « décret du 12 mai 1899 portant règlement sur l'Exercice et les Manœuvres de la cavalerie »*, sous-intitulé « modifié par la décision présidentielle du 1er septembre 1904 », on se rend compte que la volonté du gouvernement de l'époque de réformer-moderniser les corps d'armée de l'époque fut concrétisée.

Rapport avec Monsieur le président ? Oui. Le « modifié par la décision présidentielle » nous le laisse penser, mais c'est ouvrant le livre que l'on en trouve confirmation. En introduction du nouveau règlement, un prologue de la plume même du président (ou de son porte parole?) nous accueille :


« Le Président de la République Française :
 
Considérant :

Que l'expérience a démontré la nécessité d'apporter certaines modifications au règlement actuel ;
Sur le rapport du ministère de la Guerre, décrète :

PRÉLIMINAIRES.
 

Le présent règlement détermine les formes tactiques sous lesquelles se manifeste l'action de la cavalerie.
Il vise à la fois la préparation et l'emploie de l'instrument de combat. La préparation doit être réglée en vue de l'emploie de la troupe à la guerre.
Il importe d'ailleurs, dans toutes les circonstance du service et de l’instruction, de distinguer nettement de l'emploi de la troupe, qui est le but, sa préparation le moyen.

Tout ce qui ne se rapporte pas à l'emploi à la guerre doit être considéré comme inutile et exclu du programme de préparation.
Il est nécessaire que l'utilité, au point de vue de la guerre, de chacun des exercices exécutés ou des enseignements donnés apparaisse clairement à l'homme ou à la troupe que l'on instruit.

Les méthodes indiquées dans le présent règlement n'ont rien d'absolu. Un principe les domine, aussi bien dans le domaine de la préparation que dans celui de l'emploie de la troupe : à savoir la responsabilité personnelle des chefs de tout grade, qui doivent trouver en eux même les moyens d'obtenir le succès. Le règlement n'est qu'un guide, qui ne dispense personne de réfléchir et de vouloir. »


Intéressant, non ? Okay

Ainsi donc, nous avons de quoi penser que notre chers monsieur Loubet s'impliqua personnellement dans la volonté de réformer-moderniser les règlement, de plus nous trouvons en cela : « Le règlement n'est qu'un guide, qui ne dispense personne de réfléchir et de vouloir. » une réelle rupture avec les visions du siècle précédent...
Pourquoi tout mettre à jour ? On ne peux l'affirmer, peut être eu il à constater la faiblesse de l'enseignement ou de l'efficacité de ses armées, comparées aux voisins d'Europe, peut être l'affaire Dreyfus, dans laquelle il s'impliqua personnellement, et qui mis l'armée sur le devant de la scène médiatique et populaire l'obligea à se pencher sur la question ?

Bref. D'un point de vue AMHE, rien de tout cela n'est vraiment intéressant.

Sauf une chose.

Les deux documents révisés par notre personnage furent modifié au niveau de l'enseignement des maniements d'armes, et de deux point de vue différents :

-Le règlement d'infanterie, qui avait été révisé seulement deux ans auparavant, par le général L. André*, fut modifié, en un énorme « bitch please », si vous me passez l'expression, par le président Loubet. L'un des changement concerna l'enseignement de l'escrime à la baïonnette aux soldats, lors de l'instruction individuelle : alors que le général André conserva un enseignement assez complet, très semblable aux versions précédentes, le règlement de 1904 simplifia grandement la méthode pour la réduire à un strict minimum. Pourquoi ? La défaite de 1871 et l'utilisation des mitrailleuses par les armées Européennes avaient grandement diminuées la confiance des gouvernements d'Europe en l'efficacité de cet art au combat, il s'agit là probablement d'un « effet de mode », mais ce n'est qu'une hypothèse.


-Le règlement de cavalerie, au contraire, fut étoffé d'un chapitre sur le combat au sabre plus développé que les versions précédentes, et même, nouveauté, d'un chapitre sur l'utilisation de la lance de cavalerie, (à pied et à cheval)...



Voilà, nous avons donc, d'un côté, une diminution évidente de la confiance en la baïonnette, et de l'autre, un regain dans l'efficacité de la cavalerie française. Pourquoi ? On ne peux vraiment le savoir, du moins pour l'instant, toujours est il que ce chers Monsieur Émile Loubet, Président de la République, et son ministère de la Guerre, nous ont donné, à nous, pitis AMHEurs, par les modifications de l'enseignement des armes aux soldats d'infanterie ou de cavalerie, plus de grain à moudre...


Voilà

« C'était vraiment très intéressant. »


Ju, pour vous servir (mais surtout quand vous avez pas besoin).


*Bientôt disponible ici...
_________________
"Ne me tire pas sans raison, ne me rentre pas sans honneur."

Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: 23/08/2012 13:05:31    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
DoK
Bulot Arthritique

Hors ligne

Inscrit le: 16 Oct 2007
Messages: 2 601
Localisation: Montréal QC, Canada

MessagePosté le: 23/08/2012 14:24:15    Sujet du message: Émile LOUBET et les armes. Répondre en citant

Merci de partager.

Citation:
Le règlement n'est qu'un guide, qui ne dispense personne de réfléchir et de vouloir



_________________
Arte Dimicatoria, Montreal
Lord of the Dinobots.
Personne n'est à l'abri.
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: 11/12/2016 04:06:05    Sujet du message: Émile LOUBET et les armes.

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    De Taille et d'Estoc Index du Forum -> Histoire militaire, armes et armures Toutes les heures sont au format GMT
Page 1 sur 1

 
Sauter vers: